Chiffres records en Europe
Selon les dernières données européennes, l'année 2024 a enregistré les taux les plus élevés depuis plus de dix ans pour plusieurs IST bactériennes, telles que la gonorrhée et la syphilis.
- Le nombre de cas de gonorrhée a augmenté de plus de 300 % depuis 2015, atteignant plus de 106 000 infections enregistrées.
- Le nombre de cas de syphilis a plus que doublé au cours de la même période.
- La chlamydia reste l'IST la plus courante en Europe, avec plus de 200 000 cas par an.
Selon l'ECDC, ces chiffres révèlent une propagation persistante et étendue des IST dans plusieurs pays européens.
La Belgique suit la tendance
La situation européenne se reflète indéniablement en Belgique. Selon des chiffres récents de Sciensano et Sensoa :
- le nombre de diagnostics de chlamydia a augmenté de 24 % entre 2021 et 2023 ;
- le nombre d'infections par la gonorrhée a augmenté de 90 % ;
- et la syphilis a augmenté de 17 %.
La chlamydia reste également l'IST la plus fréquemment diagnostiquée en Belgique, en particulier chez les personnes âgées de 20 à 29 ans.
Les experts soulignent que la hausse des IST n'est pas seulement liée à un nombre croissant de dépistages, mais aussi à une augmentation réelle des infections.
Comment contracte-t-on ces infections ?
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont des infections causées par des bactéries, des virus ou des parasites qui se transmettent principalement par contact sexuel. Les IST se transmettent principalement lors des rapports sexuels vaginaux, anaux et oraux.
Certaines IST se transmettent aussi par contact cutané (comme l'herpès ou le papillomavirus), par contact sanguin (comme le VIH, l'hépatite B) ou de la mère à l'enfant pendant la grossesse ou l'accouchement.
Si beaucoup d'IST se transmettent par les fluides corporels tels que le sperme, les sécrétions vaginales ou le sang, ce ne sont pas les seuls vecteurs : pour certaines infections, un contact direct avec la peau ou les muqueuses suffit.
Absence fréquente de symptômes
L'un des principaux problèmes est que de nombreuses IST ne présentent pas de symptômes clairs. On peut donc être infecté sans le savoir et transmettre l'infection.
Les symptômes peuvent varier d'une IST à l'autre, mais voici les plus courants :
- douleur ou sensation de brûlure lorsque l’on urine ;
- pertes ou écoulements inhabituels ;
- démangeaisons, plaies ou lésions ;
- douleur dans le bas-ventre.
Les symptômes étant souvent absents ou légers, le dépistage est crucial.
Quels sont les risques pour la santé ?
Les IST ne sont pas sans danger. En l'absence de traitement, elles peuvent causer :
- infertilité
- douleur chronique
- cancer
- complications pendant la grossesse
- lésions des organes (par exemple, dans le cas de la syphilis, lésions du cœur ou du système nerveux)
- …
Se protéger contre les IST
La prévention des IST est bien documentée et est relativement simple, mais il faut y être attentif.
Les principes de base restent essentiels :
- Utilisez un préservatif.
- Parlez ouvertement des moyens de protection et du dépistage avec vos partenaires sexuels, et informez vos (anciens) partenaires en cas d'infection. De cette manière, vous éviterez toute propagation et un traitement pourra être mis en place si nécessaire.
- Faites-vous dépister si vous changez de partenaire, après un rapport sexuel non protégé (sans préservatif), en cas de symptômes ou d'incertitudes.
- Informez-vous correctement, c’est-à-dire sur des sites Internet fiables (par exemple : https://depistage.be/home/) ou auprès de votre médecin.
- Si possible, vaccinez-vous contre le VPH (papillomavirus humain) ou l'hépatite B, par exemple.
Les autorités sanitaires soulignent que les règles de prévention ne sont efficaces que si elles sont appliquées à chaque fois. L’utilisation irrégulière du préservatif ou le report du dépistage favorisent la propagation des IST.
Enfin, en cas d'infection, il est important de se faire traiter sans tarder. Beaucoup d'IST se traitent avec des médicaments. Plus le traitement commence tôt, plus le risque de complications et de propagation est faible.
Votre mutualité intervient
- Solidaris Brabant vous rembourse l’achat de préservatifs à hauteur de 40 € par an.
- Solidaris Brabant vous accorde également une intervention de 150 € pour la vaccination contre le VPH, ou de 25 € par an pour tout vaccin acheté en Belgique.